P.V Bella
Je n'arrêtais pas de repenser à lui. Je ne savais rien, strictement rien de lui. Sa classe s'en alla.
J'entendis la conversation entre lui et son professeur :
-Edward, où étais-tu passé?!
-Je faisais les recherches, Monsieur.
-Je ne t'ai pas vu!
-Vous êtes sûr? dit-il sur un ton mesquin
Son prénom était Edward. Enfin je le connaissais. Une vague de bien-être m'envahit.
Pourquoi ressentais-je cette sensation? Je pouvais peut-être mettre un prénom sur le visage du meurtrier de mes parents.
Mais, la raison était autre, j'en étais convaincue.
Puis, il suivit son groupe et quitta la bibliothèque.
Quelques minutes plus tard, je me sentais bien seule. L'effervescence qui m'avait habité ce matin c'était évaporée.
Le reste de ma journée fut ennuyeux et monotone.
Mon travail achevé, je sortis et le vis pour la deuxième fois en vingt-quatre heures.
Il était dans une Volvo grise.
Sa voiture s'arrêta devant un feu rouge. Il était accompagné de quatre autres personnes.
Etait-ce eux qui étaient présents à cette soirée lugubre ? Mais je me souvenais de trois personnes, pas de cinq.
Le soleil commençait à se coucher, c'était le commencement d'une autre nuit, d'une autre fin.
Mais ce soir était différent, j'avais une piste. Je me dirigeais rapidement vers mon véhicule à une vitesse humaine. Je mis le contact et réussi à m'insérer.
J'étais à quelques voitures d'eux, j'avais l'impression d'être l'héroïne d'un de ces films policier traquant les malfaiteurs. Cette pensée me fit sourire.
Après vingt minutes, la voiture tourna et s'enfonça dans une forêt ténébreuse.
Je m'arrêta, un panneau m'indiquant une propriété privée. Leur demeure ne devait pas être bien loin.
A quelques kilomètres de là se trouvait un gîte, il leur restait une chambre.
Après une douche, je m'habillais d'un jean noir, d'un t-shirt et j'enlevais mes lentilles.
Puis je repris ma voiture. Je passais de la femme policière à la cambrioleuse.
De retour au panneau, je m'enfonçais à mon tour dans cette forêt ténébreuse à vitesse vampirique.
P.V Edward
Après avoir quitté cet endroit des plus ennuyeux, je repensais à cette fille. Elle avait l'air d'avoir dix-neuf ans, pas plus.
Elle m'intriguait, cela m'énervait encore plus. Pourquoi, pourquoi n'avais-je pas le droit de connaître ses pensées ?
Je commençais à devenir aigri, il fallait que je me calme, sinon ma famille pourrait se poser des questions.
A la fin des cours, je pris ma voiture et retrouvai ma famille.
Pendant le trajet, je soupirais. Je dus m'arrêter au feu rouge le plus long de la ville.
- EDWARD
Alice m'avait appelé via ses pensées.
-QUELQUE CHOSE TE TRACASSE ? TU SEMBLES IRRITE
Je lui répondis non d'un signe de tête.
Tiens, la fille de tout à l'heure. Je la vis grimper dans sa voiture. Quelle coïncidence, la seule fois de la journée où mes pensées n'allaient pas vers elle, et elle apparaissait.
Le faisait-elle exprès ? Je souris.
Nous avançâmes enfin. Je la voyais toujours dans mon rétroviseur. Arrivé à l'entrée de la forêt, elle était présente.
Deux questions me traversèrent. Soit elle habitait dans ce trou perdu, soit elle me suivait.
J'abandonnai la deuxième possibilité. En plus de devenir aigri je devenais parano.
Arrivé chez nous, mes frères et s½urs entrâmes main dans la main.
Même si je prétendais que moi seul me suffisait, je les enviais.
Je saluai Esmée, montai dans ma chambre écouter Clair de lune de Debussy et rêvai de la fille aux pensées interdites.
Puis soudain, je la vis. Dehors dans mon jardin. Cette nuit allai être divertissante...
P.V Bella
Au bout de quelques minutes, je vis une villa. Elle était magnifique, enfant je rêvais d'avoir une maison comme celle-ci.
En repensant à mon passé je sentis une odeur, fruitée, sucrée et tellement attirante. Il n'avait pas la même odeur! Le soir où mes parents étaient morts, leurs assassins sentaient l'iris, un doux parfum.
Ce n'était pas lui. Je m'étais médiocrement trompée.
-Bonsoir. C'est déplacé de venir s'incruster sans être invité, me dit-il d'un ton moqueur.
-Je suis désolée
Je ne pus retenir mes larmes inexistantes, je me pris la tête entre les mains. J'étais une idiote, pourquoi continuais-je à chercher désespérément ceux qui m'avaient arraché la vie ainsi que ma famille ?
Il me regardait avec un regard d'incompréhension.
-Qu'ai-je dit? Ne pleure pas, je ne te ferai rien.
J'avais honte, il fallait que je m'enfuie. Mais il me retint par la main.
-Lâche-moi, je n'suis qu'une imbécile, laisse moi partir.
Je prononçais ces paroles toujours en sanglotant. Mais à ce moment je fus prise au dépourvue.
Il -Edward- m'enlaça. Pourquoi?
Je l'avais pris pour un meurtrier, le connaissais à peine. Malgré ça, je me sentis réconfortée, il n'était pas humain, il devait être comme moi puisque aucune chaleur n'émanait de son corps.
-Pardonne moi je ne voulais pas te mettre dans un tel état, me dit-il
-Non, c'est moi qui suis une parfaite idiote, tu n'y es pour rien.
Il se rendit compte qu'il me tenait encore dans ces bras. Il me lâcha et détourna son regard, gêné.
-Désolé.
-Tu t'excuses beaucoup trop. Merci, ça va mieux.
-Puis-je savoir pourquoi tu me suivais?
-Je t'ai pris pour une de mes connaissances.
-Tu connais des vampires dans la région?
-Comment sais-tu?
-Tes yeux sont rouges, je m'en doutais un peu quand je t'ai rencontrée. Donc tu assassines des humains, n'est-ce pas?
Il me regardait avec dégoût.
-Non! Je vole du sang dans les hôpitaux!
Il partit d'un rire inextinguible et tellement magnifique. Ce moquait-il de moi? Apparemment oui. Je me tournais, vexée, prête à repartir.
-Non, attend ne t'en vas pas. C'est que mon père est médecin dans l'hôpital de la ville et s'énerve que des poches de sang disparaissent.
-Je ne savais pas, comment peux-tu avoir un père?
- Tu n'as toujours pas répondu à ma question. Tu sais, des gens peuvent avoir besoin de sang. Comment font-ils s'il n'y a pas leur groupe sanguin ?
-Oui, mais comment se nourrir sans faire de mal...
- Je t'expliquerai tout ça demain.
-Comment puis-je te voir?!
-Je viendrais te chercher sur ton lieu de travail.
-A demain.
Puis il s'en alla.
De retour dans ma chambre, je repensais à tous ces évènements. Mes parents me revenaient en mémoire.
Je m'effondrais. Edward n'était pas là pour me consoler à nouveau.